Une rentrée particulière

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Mardi midi, à l’extérieur du Collège Citoyen de Laval, des cônes avaient été disposés pour que les élèves restent à distance les uns des autres, alors de leur première rencontre de l’année scolaire avant la rentrée officielle.

Les élèves de 4e secondaire du Collège Citoyen avaient rendez-vous mardi midi pour leur première rencontre de l’année scolaire avant la rentrée officielle, lundi prochain. À l’extérieur de l’école secondaire privée de Laval, des cônes avaient été disposés pour que les élèves restent à distance les uns des autres. Or, beaucoup arrivaient en petits attroupements.

« Ce que j’ai vu, je ne veux plus le voir de l’année », a dit une surveillante à trois élèves qui se tenaient par les épaules, heureux de se retrouver. Cette école secondaire de 725 élèves a poursuivi l’enseignement à distance le printemps dernier, mais n’a pas rouvert les portes à ses élèves depuis la mi-mars.

Les choses ont bien changé depuis, et on ne circule plus au Collège Citoyen comme avant. Chaque groupe d’élèves passera la journée dans la même classe, a un escalier précis à emprunter, des toilettes assignées. Les élèves retrouvent une cafétéria vide de ses tables, puisqu’ils mangeront aussi dans leur classe, en 30 minutes bien comptées. Sur les pupitres regroupés en îlots dans les classes trône une bouteille de désinfectant.

« C’est très sévère, on ne prend pas de risque », dit la directrice générale du Collège, Myriam Stephens. Dans les corridors, les enseignants portent masque et visière.

Conseillère en communications du Collège, Sonia Doucet abonde en regardant des élèves marcher à la file. « Habituellement, c’est plus chaotique que ça, dit-elle. Ça va être une routine à instaurer. »

Les élèves ont beau avoir 15 ans, ils ont, à quelques jours de leur rentrée officielle, les mêmes questions qu’on a entendues chez ceux du primaire qui sont retournés à l’école le printemps dernier. Auront-ils besoin d’une permission pour aller aux toilettes ? Comme avant, leur répond-on, mais les « tapons » d’élèves qui s’y réunissent pour jaser sera chose du passé.

Dans une classe, une enseignante montre l’horaire de l’année aux élèves. « Il faut que tu apportes une collation, parce que tu vas dîner à 13 h 15. Rappelle-toi combien tu avais faim l’an dernier à la troisième période… », dit-elle.

Rester avec le même groupe toute la journée n’inquiétait pas Benhur Tewolde, 15 ans.

J’avais le goût de revenir parce que je suis un peu tanné de rester à la maison.

Benhur Tewolde

Sa collègue Marianne Daoust était pour sa part un peu stressée par la rentrée. « On ne sera pas nécessairement en contact avec nos amis. Mais sinon, ça va, on revoit les personnes qu’on connaît », a dit l’adolescente.

Et le masque ? Elle le voit « comme un accessoire ». « C’est le fun ! », dit celle qui en portait justement un orné de motifs.

L’enseignant Alec Côté-Lalonde a bon espoir que les élèves s’adapteront rapidement à ce nouveau quotidien à l’école. « C’est certain que c’est une rentrée spéciale, c’est sérieux, mais j’ai hâte de voir ce qu’on va faire avec ça », dit celui qui enseigne le français. Ses jeunes, selon lui, sauront s’« élever face à l’adversité ».

Source: La Presse : https://www.lapresse.ca/actualites/education/2020-08-26/rentree-particuliere.php

Par Marie-Ève Morasse

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